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Nikélo en Guyane
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 Mercredi 13 août 2008

 

Le jour J est arrivé. Il faut charger les vélos, les bagages, et on est parti. Sur la route, je demande à Nico s’il a bien ses papiers (notamment son carnet de santé avec le fameux certificat de vaccination contre la fièvre jaune, obligatoire pour entrer en Guyane). Et là… il me dit que non, qu’il est resté dans le Pas de Calais. Je lui en veux terriblement, le stress monte d’un coup. Il faut pourtant agir vite, le vol est dans deux heures et demi. On décide de déposer Nico dans Paris, pour qu’il puisse se rendre au centre de vaccination d’Air France (et se faire revacciner). Je pars à Orly pour enregistrer les bagages et les vélos. Pendant ce temps, un ami de la famille de Nico est parti chez eux pour chercher le certificat et le faxer à l’aéroport. Arrivée à Orly, je cours chercher un numéro de fax au comptoir d’Air Caraïbes. Le sort s’acharne contre nous : tous les fax sont en panne ! Je cours donc au bureau de poste (heureusement il y en a un dans l’aéroport), j’obtiens le fax. De nouveau, gros problème : personne ne peut m’assurer qu’un fax suffise (et pourtant je vais voir les hôtesses, la sécurité et la police). Une hôtesse m’affirme même qu’il est trop tard, que même si Nico se fait vacciner de nouveau aujourd’hui il y a une période d’incubation de dix jours et qu’il ne pourra se rendre en Guyane avant ses dix jours. Je craque en plein milieu de l’aéroport. Ma maman me rassure tant qu’elle peut. On décide de tenter le fax et le vaccin.
Nico me dit par sms qu’il peut passer en consultation devant d’autres personnes étant donné l’urgence. Il revient en taxi et nous rejoint enfin. On conduit nos vélos dans une petite salle sécurisée pour qu'ils soient inspectés par un chien policier. Pas de chance pour lui, rien d'intéressant à trouver cette fois! 

Vient le moment de se dire au revoir. Je vois ma maman qui pleure, mon papa est très ému aussi (et je ne l’ai quasiment jamais vu pleurer, alors ça me touche d’autant plus). Ma sœur est là aussi avec son mari. Les parents de Nico sont stoïques, Nico de toute façon n’aime pas qu’on pleure, surtout pas pour dire au revoir.

 

 

 
 

Huit heures de vol… c’est long. Nous devons faire une escale en Martinique puis prendre un nouveau vol pour Cayenne. On a quelques films pour nous faire passer le temps, et puis on peut dormir un peu, car la matinée n’a pas été de tout repos.

Il est 17h02 heure de Fort de France. Entre deux croque-monsieur on attend notre correspondance, qui a du retard. Et puis il nous reste encore près de trois heures de vol. On a de nouveau peur que la douane nous refoule (enfin refoule Nico… rrrrrrrr !) puisque le contrôle de douane se fait apparemment ici. Suspens…

Jeudi 14 août 2008
 
Pour finir, aucun contrôle du vaccin ! Nous sommes arrivés à Cayenne à 21h heure locale, accueillis par des amis expatriés ici depuis quelques années. Nous avons récupéré nos bagages et nos vélos. Quelle chaleur en sortant de l’avion, ou comment piquer une suée en vingt secondes chrono ! Enfin nous avons posés les valises, et nous sommes couchés à minuit (cinq heures heure de métropole, on a fait le tour du cadran !). Pendant la nuit, la chaleur s’est moins ressentie, mais il faut vraiment éviter de s’agiter… 
Ce midi nous dit Arnaud (qui nous héberge temporairement à Kourou), c’est un poulet spécial au menu. On se met à table, Nico me dit en souriant que c’est un genre de poisson. Bon, ça sent la mensonge tout ça ! Je me laisse faire et goûte. C’était très bon ce poulet-poisson spécial, mariné et servi avec du riz. Et là, Arnaud m’avoue que je suis en train de manger de l’anaconda !!! (voir photos). Très très bon. C’est un ami d’Arnaud et de son frère Loïc qui a surpris ce serpent dans son jardin et l’a assomé… Il faisait quand même deux mètres cinquante de long… Enfin, voilà, on a fait fort pour notre premier repas guyanais ! Espérons que la digestion se passera bien !
 
 

 Cet après-midi, on a vu plusieurs voitures, on va certainement acheter un kangoo pour pouvoir transporter nos vélos et bagages. Ensuite on se rend à Cayenne dans une boutique Orange pour prendre un forfait téléphone, et on nous le refuse car pas d’adresse ici, pas de justificatif de domicile. Il faudra qu’Arnaud fasse un courrier pour dire qu’il nous héberge. C’est raté pour aujourd’hui en tout cas. Puis opération devis voiture et appartement… oulala qu’est-ce que c’est cher !

Ce soir on a mangé dans ce qu’on appellerait chez nous une baraque à frites… sauf que celle-ci mettait au menu du requin en brochettes ! J’ai zappé le requin, assez de d’originalité pour aujourd’hui ! Nico par contre a goûté à la joie des piqûres de fourmis sur les pieds. Et en rentrant, je me suis piquée pour la première fois (j’aurais pensé que cela arriverait plus tôt), on a du les faire rentrer en allumant la lumière dans l’entrée. On remarque d’ailleurs que la clim est quand même une invention géniale, et qu’il faudra certainement investir quand on aura notre appartement. De même que les moustiquaires sur les fenêtres…
 
 
Vendredi 15 août 2008
Jour férié = grasse mat’. Après tout, on est encore en vacances ! La nuit a été très chaude et le sommeil perturbé. Cet après-midi, ballade-rando sur la montagne des singes : rien que le nom dépayse. Puis on goûte quand même à la mer, 29°C ça ne se refuse par comme ça, surtout quand il fait 34°C dehors. 

 On discute avec nos hôtes et on parle beaucoup des différents dialectes. Ici, on a l’impression d’être dans tous les pays à la fois : portugais, français, espagnol, créole, taki taki (aluku prononcé aloukou) et bien d’autres encore. On est un peu perdu, on espère rapidement pouvoir comprendre un minimum de chaque…

J’ai oublié de vous dire : hier, nous sommes allés au Cora de Cayenne faire quelques courses. Les prix sont effectivement bien plus élevés ici, en tout cas si on veut du fromage et tout ce qui vient de métropole. Moralité : vive la papaye, la pastèque et les poivrons !
 
 
Mardi 19 août 2008  
Quelques jours ont passé, et nous n’avons pas chômé.
Samedi, nous avons acheté notre voiture guyanaise : une Renault kangoo, et nous sommes arrivés à St Laurent du Maroni. Il faisait noir et notre ami a voulu tout de même nous montrer nos collèges respectifs : le mien (Tell Eboué) est le plus ancien, il est assez vieux, collège de métro apparemment, et de créoles aussi. Petite précision si je ne l’ai pas encore dit : le métro c’est celui qui vient de métropole (de manière générale, ce terme désigne les blancs, nous quoi !). Le collège de Nico est le 4e de la ville, énorme pour une ville de 20 000 habitants, mais normal quand on sait qu’il y a au moins 50 % de moins de 20 ans ici. Il est quant à lui flambant neuf.
En faisant le tour de la ville, nous sommes surpris de voir un bâtiment où de nombreuses personnes sont rassemblées. Arnaud qui connaît ça puisque c’est assez répandu en Guyane, nous dit qu’il s’agit d’une église pour les témoins de Jéhovah. Dans la ville il y a aussi beaucoup d’évangélistes.
Dimanche et lundi nous avons visité plusieurs maisons et appartements (et aussi une maison dans les bois… superbe mais pour le coup un peu trop dépaysant : pas beaucoup d’électricité, pas de téléphone, une piste pleine de nids de poule à 30 minutes de St Laurent, bref, c’est pas encore pour nous). A chaque fois, on essaye de se renseigner auprès des voisins, des gens qu’on croise dans la rue. Tous ont déjà été cambriolé plusieurs fois, et pour quelqu’un qui arrive, ça peut faire peur. Toutes les maisons ont des grilles aux portes et souvent aussi aux fenêtres. Finalement, au moment où on s’apprêtait à signer avec une agence, nous avons trouvé épinglée sur le côté de la librairie une annonce. J’appelle immédiatement, le propriétaire et dans le coin, nous allons donc visiter. Bingo ! Maison neuve, petit jardin clôturé (bon pour l’instant le jardin… c’est juste de la terre), petite terrasse, deux chambres pas très grandes mais suffisantes pour nous, une cuisine séparée, un abri pour la voiture. On en pourra emménager qu’au 1er septembre, un peu avant peut-être.
Donc recherches de meubles et d’électroménager, neuf ou d’occasion, car ici les métro qui s’en vont vendent tout et pour pas cher.
 
Hier soir, je discute avec notre nouvelle hôte (nous louons une sorte de studio collé à sa maison), et elle me dit que le collège où je suis affectée et difficile (mais ça c’est comme dans tous les établissements ici) et qu’en plus la mentalité y est spéciale. Elèves blasés, méprisants… comme certains de la métropole non ?! Enfin bref, apparemment si je veux, je peux changer de collège. Hallucinant ! C’est le principal qui gère cela. Ici beaucoup de prof (80% des profs de lettres) sont vacataires, une titulaire qui arrive est donc bienvenue. Affaire à suivre.
 
Petite remarque sur St Laurent : les collèges sont nombreux ici, mais seul le plus ancien possède un nom. Les autres sont collège 2, 3, 4 et bientôt un nouveau, le 5. Pas de nom, je ne suis pas la seule à trouver cela symbolique…
 
Mardi matin on a entrepris une rando vtt (vtt un peu secoués pendant le transport en avion, mais en bon état quand même). Il faisait chaud, mais on était équipés : casquette, lunettes, écran total indice 60, 4 litres d’eau. Nous avons fait 15 km aller plus le retour… Et là je crois que je n’ai jamais autant transpiré et apprécié une douche !
 

 

 

 

 

 

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Jeudi 21 Août 20082 commentaire(s)

Mardi 26 août 2008

 

Déjà une semaine de passée… le temps passe vite ici, mais nous avons l’impression d’être là depuis au moins deux mois tant nous avons fait de choses depuis notre arrivée.

Donc la semaine dernière a été occupée surtout par la recherche de meubles. Etant près du Surinam, nous avons décidé d'y aller vendredi car tout y est moins cher. Nous avons donc fait notre baptème de pirogue (oui, pas de route entre St Laurent et Albina, juste un fleuve à traverser pour seulement 3 euros!). Seulement cinq minutes de traversée, ça fonce une pirogue!

 

Sur la photo c'est Bouggie (ou Boggie) notre piroguier officiel, super sympa. Il nous a emmené à l'aller et on l'a retrouvé au retour , mais il y avait de la concurrence, tout le monde vient vous chercher pour vous emmener!

 

Donc le Surinam ce n'est pas si terrible que ça, il faut surveiller tout de même ses affaires et ne pas faire trop confiance peut-être aux enfants qui viennent vers vous dans les magasins en disant "Brouette Madame?" (ils se proposent pour un euro de mettre vos achats dans une brouette pour retourner jusqu'à la pirogue). Pour nous en tout cas, tout c'est bien passé, et les prix sont effectivement 40% moins cher qu'en Guyane.

Sinon on a trouvé quelques meubles d’occasion à St Laurent, mais on a du acheté le plus gros, l’électroménager. D’ailleurs merci But et Confo pour ces heures d’attente, ces vendeuses désagréables qui oublient de vous dire qu’il faut garder le papier jaune et pas le bleu, qu’il faut d’abord aller voir tel vendeur pour faire enregistrer tel article, qui vous expliquent à moitié où se trouve le dépôt 1 mais qui vous disent qu’il faut aussi aller au dépôt 2… tout ça à vingt minutes de la fermeture des magasins !

En tout cas, nous avons du faire deux allers-retours St Laurent-Cayenne (3 heures de route l’aller, de quoi lire notre nouveau Guide de la Guyane « Promenades en Guyane » ou de quoi apprécié la route-montagnes russes...). Mais ça y est, l’essentiel est acheté et on se dit que si on se fait cambrioler, on pourra montrer les factures !

Reste ce week-end à monter les meubles en kit, ce qui promet des heures de bonheur !

Et puis la rentrée approche, on ne s’en était pas rendu compte… Demain, on va aller dans nos collèges pour voir comment tout va se goupiller.

Pour le moment, on reste à la maison car il pleut, il pleut, il pleut, comme ça:

Nous sommes à la fin de la saison des pluies, début de la saison sèche, alors le temps est un peu perturbé. Mais ici les gens ne s’en préoccupe pas, ils continuent de faire tout ce qu’ils font d’habitude. Petite remarque : ici, les enfants se promènent souvent tout nu, et lorsqu’il pleut, ils peuvent de balader sous la pluie comme s’ils étaient sous la douche ou à la piscine. De notre côté, on reste à les regarder, à regarder la pluie, les poules et les coqs. Finalement, c’est beau la pluie (j’aurais jamais cru dire ça un jour !). Le rythme de vie est vraiment différent ici.

  

 

 

 

 

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Mardi 26 Août 2008Poster un commentaire

Vendredi 5 septembre 2008

 

Que s’est-il passé depuis la dernière fois ? Et bien, ça y est, nous avons emménagé et nous en avons fini avec les cartons et les meubles à monter. (voir les photos... vous avez vu on a des mini palmiers, si si ce sont des bébés palmiers!). 

 

Nous avons notre chez nous, et même si nous n’avons pas la clim, on dort bien… sauf peut-être lorsqu’on est dérangé ou réveillé par les chiens du quartier qui donnent un concerto tous les soirs vers 21h30 et 23h00, ou bien lorsque les perroquets du coin poussent des cris (on dirait des cris de singe mais à la puissance dix). On commence à bien s’acclimater, et à comprendre pourquoi les gens d’ici sont « tranquilles » (c’est leur mot). Réveillés vers 6h30 le matin, on bosse puis à la coupure de midi on fait une petite sieste et puis c’est

reparti pour un peu de travail l’après-midi. Et le soir tombant à 19h30 précises, on est un peu décalé et on se couche en général plus tôt qu’en métropole.

Il fait beau tout le temps à présent, nous sommes bien en saison sèche. Le matin quand on ouvre les yeux on est sûr de trouver par la fenêtre un ciel sans nuage et parfaitement bleu… ça met de bonne humeur pour aller au boulot ! On a toujours l’impression d’être en vacances, c’est vraiment nouveau pour nous (et attention à ceux qui diront que de toute façon les profs sont toujours en vacances !).

 

D’ailleurs la rentrée est faite, du moins l’accueil des classes. Et autant dire que pour ma part ça risque de faire des étincelles, mais je n’ai pour le moment rencontrer qu’une de mes classes (j’en ai quatre : deux 5e et deux 4ième ). Pour Nico, il a environ dix élèves, qui ne semblent pas être lecteurs, du bon boulot en perspective ! La vraie rentrée aura lieu lundi. Le point positif pour nous deux, c’est que nous avons des emplois du temps très sympas, puisqu’on ne travaille la plupart du temps que le matin. Il faut préciser qu’ici à St Laurent il n’existe pas de cantine dans les établissements, tout le monde y compris le personnel est donc mis dehors à midi, pour revenir à 14h00. Pas trop gênant quand on habite à 5mn à pieds du collège (pour Nico) et à 10mn en voiture pour moi. Il aura fallu qu’on vienne en Guyane pour habiter si près de notre lieu de travail !

 

Et maintenant, quelques petites choses en vrac :

 

Le ménage

Le ménage, qui est ma grande passion depuis toujours (ceux qui me connaissent pourront confirmer !), est ici un véritable calvaire, notamment à cause de la chaleur. La poussière s’accumule régulièrement, passer l’aspirateur nécessite de prendre une douche ensuite, et laver les sols également. Les jours de ménage, il faut donc prévoir deux douches en plus des deux ou trois habituelles. De quoi dégoûter le plus maniaque…

 

La cuisine

Chadek, gombos, maracudja, haricots kilomètre, mangue, papaye, bacove, requin, agouti et autres épices…

Autant de viandes, de fruits et de légumes qu’il faut d’abord savoir reconnaître sur le marché et ensuite savoir cuisiner ! On a l’impression de devoir tout réapprendre. Par contre les jours de marchés (trois fois par semaine), c’est un vrai plaisir d’aller acheter tout ça et de marchander avec les locaux (qui, il faut bien le dire, essaye souvent d’abord de vous arnaquer, mais il faut vite montrer qu’on connaît les prix). Il faut faire une croix sur la salade qui coûte ici près de deux euros l’une, il faut se restreindre en tomates aussi, car tout cela est ici délicat à produire. Vite, il faut acheter un livre de recettes !

 

L’administration

Ah, le chapitre qui fâche… Les gens d’ici, on l’a dit, sont « tranquilles » et qui dit tranquilles ne dit pas forcément lents (quoique). En fait c’est plutôt l’organisation qui pose problème. Un petit exemple concret : je vais à la poste faire notre changement d’adresse, on est au début du mois, et je comprends bien vite que c’est la période où les gens touchent les allocations… résultat : une heure de queue au moins sur le seul et unique guichet d’ouvert (un seul sur quatre vides). Je renonce. Idem le lendemain. Idem le surlendemain. Bon je me renseigne auprès de ceux qui font courageusement la queue : c’est comme ça pendant les douze premiers jours du mois !

Même chose à la mairie et surtout à la sous-préfecture qui délivre les visas pour aller au Suriname.

Pour les collèges, c’est seulement le manque d’organisation qui se fait ressentir : tout est annoncé à la dernière minute, tout est surprenant (pour Nico, il lui faut écrire une lettre à sa principale pour communiquer avec elle !!).

Je disais tout à l’heure que, qui dit « tranquille », ne dit pas forcément « lent ». En effet on sait que quelque chose va se passer, c’est « prévu », mais rien ne presse… et lorsque cela arrive cette chose devient tout de suite urgente. Ah le choc des cultures !

 

La police et la gendarmerie

Ici la police et surtout la gendarmerie sont très présentes. Les gendarmes portent un tee-shirt noir sur lequel est inscrit discrètement « gendarmerie » et ils restent « en planque » un peu partout en ville. On les voit sortir de leurs voitures banalisées dès qu’un fait se produit. C’est assez rassurant. Et, autre chose importante, ici la gendarmerie possède sa propre pirogue ! (sur le fleuve, cela permet de contrôler les gens qui partent ou qui reviennent du Suriname, mais attention, ils embarquent avec eux gilet pare balles et fusil mitrailleur !). Et à partir de la tombée de la nuit, les gendarmes qui circulent en ville sont eux-aussi équipés de leur gilet pare balles… (pour le coup, pas rassurant du tout !).

 

Les chinois

Les chinois, on l’a déjà dit, sont partout. Mais vraiment partout. Le moindre commerce de proximité leur appartient (des bazars, des cybercafés, des maroquineries, des boutiques d’alimentation générale…). On se demande même parfois si tous ne sont pas tenus par la seule et même famille.

 

De mon côté, depuis la rentrée (et depuis que tous les élèves du collège et certains parents m’ont vue), j’ai l’impression que tout le monde me connaît en ville, et les chinois me font des réductions et des arrondis de prix fort sympathiques parce qu’ils savent que j’ai dans mes classes le neveu, le fils ou le cousin. On m’a même dit qu’il fallait que je leur donne beaucoup de travail ! Effectivement, les chinois tiennent ici leur réputation : ils bossent beaucoup, et sont dans l’ensemble très serviables (le sens du business !).

 

 

Sur ces quelques pensées on va vous laisser, il est temps de profiter de notre week-end et d’aller se baigner !

 

J'kaz !
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Samedi 06 Septembre 20082 commentaire(s)

Jeudi 9 octobre 2008

 

 

Ça fait longtemps que nous n’avons pas vraiment eu accès à Internet, à la technologie suprême… si si, c’est quand on est privé d’une chose qu’on se rend compte qu’elle nous était indispensable. Oh c’est beau ça… bon, j’arrête de me jeter des fleurs. On pense souvent à vous tous et on se dit que chez vous c’est déjà l’automne, le froid et la grisaille… et chez nous c’est toujours et encore pour quelques mois grand soleil et grande chaleur.

Niveau boulot, c’est état stationnaire. Avec des sursauts parfois où on se dit « Mais oui ! En fait c’est pour ça que j’ai voulu être prof ! ». Bon je dis ça parce que ce matin j’ai passé une heure merveilleuse avec une classe qui d’habitude est affreuse au possible (pourvu que ça dure…).

On a peu l’occasion de bouger en ce moment, parce que le boulot nous prend un temps fou, et parce que l’autre moitié du temps où on ne travaille pas on le passe à dormir. Mais depuis cette semaine, on s’est mis à la natation (enfin, c’est un grand mot, on nage et puis voilà !) : on a la chance d’aller à la piscine du GSMA de St Jean (à quinze minutes de St Laurent). Le GSMA c’est le groupement du service militaire adapté, autant dire que c’est une grande base militaire, une ville dans la ville, où les militaires, dont beaucoup de métros, vivent ici avec leurs familles comme dans un camp retranché. On leur propose toutes sortes d’activités et ils disposent, entre autres, d’une grande piscine. On a donc la chance de se faire parrainer pour y entrer. Donc baignades et soleil.

Sinon, de mon côté, j’ai acheté un violon (je sais, c’est pas un instrument local, mais bon…) et j’ai commencé les cours. Ça grinçouille pas mal, mais j’ai bon espoir. Nico va reprendre le saxo normalement.

Et puis on va peut-être aussi se mettre à la capoiera… en voilà une chose locale !

Côté appartement, les démarches pour le prêt suivent leur chemin.

  

Pour faire le résumé :

-         Canalsat s’est trompé dans nos options de chaînes.

-         Notre quartier n’est pas câblé par France Télécom pour le moment.

-         Le technicien France Télécom n’est jamais venu au rendez-vous fixé. On l’attend toujours…

-         Les gentilles dames du 1014 Martinique (elles « gèrent » la Guyane) m’ont raccroché deux fois au nez.

-         Virgin mobile mon portable de métropole n’a toujours pas fermé la ligne et continue de me prélever l’abonnement.

-         Les impôts m’ont prélevé deux fois la somme que je leur devais (oulala catastrophe !!) mais ils me l’ont rendue.

-         Dans le bureau de notre conseiller de La Poste, Nico s’est fait mordre les pieds par… une souris (si si ! c’était une souris)

-         Les pièces pour notre voiture ne sont toujours pas arrivées à St Laurent (elles viennent de Cayenne et ont été commandées il y a un mois).

-         La Banque Populaire du Nord nous prélève des frais alors qu’on avait demandé une autorisation de découvert.

-         Les courriers qu’on nous envoie en recommandé n’arrivent pas (par contre on reçoit ceux qui arrivent en courrier simple… bizarre…)

-         Le facteur distribue le courrier comme ça lui plaît, on reçoit des tas de courriers qui ne sont pas à nous, et les nôtres sont peut-être à l’autre bout de St Laurent.

-         Je n’ai toujours pas reçu mes bulletins de paye de juillet et août.

-         Je me suis entaillée le pied en me baignant à la piscine.

-         Notre appareil photo est mourant (d’où le manque de photos… on attend la fin du mois pour investir !).

-         Le propriétaire de notre appart ne veut pas payer la facture contrat d’EDF (mais il la payera !).

-         Je pense que j’en oublie d’autres… tout ceci étant multiplié par trois par la distance et le décalage horaire…

 Enfin, pour relativiser, on se dit que de toute façon, « C’est la Guyane ! » et qu’on n’y changera rien. D’ailleurs il paraît que c’est comme ça dans tous les DOM-TOM.

 Allez, j’ai dressé un tableau un peu noir (ou réaliste), mais le climat permet de passer sur certaines choses… en tout cas de ne pas ruminer !

 Sur ces news, on vous laisse et vous dis à bientôt ! (bientôt les vacances !!!) On pense fort à vous!

 

Lundi 3 novembre 2008

Trois semaines ont passé. Nous sommes en vacances depuis une semaine (plus que trois jours avant la rentrée :(

Nous avons donc eu le temps de faire deux excursions. La première: les chutes Voltaire. Quel nom poétique n'est-ce pas? Et pourtant, on se rend aux chutes Voltaire en 4x4 uniquement (au risque de rester au fond d'un trou ou de perdre une ou deux roues). Nous avons donc loué un 4x4 dans une agence. Nous partons à 9 personnes (les deux frangins guyanais, la femme et le bébé de l'un d'entre eux, leurs parents, nous deux, et un gars qui avait choisi de faire la route à vélo, qui nous a laissé ses sacs à transporter). L'expédition est prête. Le matin du jour J Nico se rend chez Ada (bon, allez, on les nomme) pour prendre le 4x4 (un Santana, voir les photos).

Le gars lui dit que le 4x4 neuf places n'est plus dispo, alors que nous l'avions réservé! Il nous montre un autre 4x4, un cinq places, avec à l'arrière deux banquettes en travers (banquettes sans mousse pour nos fessiers et surtout sans ceinture de sécurité). On le prend quand même finalement, non sans avoir négocié le prix. On part avec l'impression que tout de même rien ne va jamais comme on l'avait prévu. La route s’annonce longue, 70km de piste chaotique, surtout pour les 50 derniers kilomètres. Toute la compagnie serre les fesses et à l’arrière sur la banquette métallique on s’accroche aux glacières et autres sacs de rando qui nous compressent les jambes sous une chaleur de plomb. Mais la motivation est là. On s’arrête à mi-chemin à la Crique Tatou, où on a l’occasion de prendre en photo un serpent en train d’engloutir une grenouille. On se rafraîchit et c’est reparti pour deux heures de route. La fin de la piste est vraiment en très mauvais état (elle est d’ailleurs impraticable en saison des pluies) : ornières remplies d’eau, fissures façon mini-Grand Canyon… le 4x4 tient bon, malgré un frein à main qui ne freine plus et un levier de vitesse qui reste dans la main de Nico. On passe devant un site « légal » d’orpaillage (tentation de s’arrêter pour aller chercher de l’or ? le chien qui se trouve à proximité et suit le 4x4 d’un air furieux nous en dissuade…).

Arrivés en bas des chutes Voltaire, il nous reste une bonne heure de marche cette fois en forêt. Le chemin n’est pas bien entretenu et c’est dommage car l’endroit est très beau. Il faut enjamber quelques troncs d’arbres, passer sur des ponts de bois pourri, tout cela en transportant les glacières et les sacs… et un bébé (qui était habitué à ce genre d’excursion, et n’a donc fait que dormir du début à la fin). Malgré la chaleur moite et le poids des sacs, nous arrivons au carbet en milieu d’après-midi.

Nous installons nos hamacs avant la tombée de la nuit, et profitons du soleil pour aller nous « doucher » dans les chutes. Paysage magnifique, l’eau qui ruisselle et forme des piscines naturelles, le bruit des cascades… quelle récompense ! L’eau et froide, mais ça fait du bien d’avoir froid de temps en temps, et puis, ça nous permet de nous détendre les jambes. Soirée apéro et puis dîner aux chandelles et à la lampe frontale. On se couche et on craint que pendant la nuit un des hamacs ne se décroche, mais, comme dirait l’autre « C’est l’jeu ma pov’Lucette ! ». On s’endort bercés par la grondement de la cascade.

 

  

 

 

 

 

 

 

Puis c’est le petit déj’ et la douche matinale dans les chutes. Puis ensuite baignade et bronzette. C’est beau les vacances !

 

 

 

 

 

 

 

 Vient le moment de repartir, il faut tout ranger et refaire la rando en sens inverse. Puis séance 4x4 de nouveau. Notre camarade à vélo arrive presque en même temps que nous (c’est dire l’état de la piste). Un week-end vraiment sympa mais très fatigant. Le soir nous retrouvons notre lit avec plaisir et on se réveille… douze heures plus tard.

 

Lundi 27 octobre nous venions de terminer de déjeuner lorsque Nico me dit « Tu as vu le chien là-bas ? Ce ne serait pas celui de Béatrice (qui nous a hébergés à notre arrivée) ? ». Elle avait effectivement perdu un chien il y a quelques temps. Je sors et je vais voir ce chien, je lui dis de venir, il a l’air de mourir de soif et n’a pas plus de trois mois. Il me suit sans problème et s’allonge sur la terrasse. On lui donne de l’eau.

 

Béatrice arrive, mais ce n’est pas son chien. Bon… nous voilà avec un chien (une femelle), adorable en plus… on se pose la question de la garder ou pas. Mais on va déménager en appart en mars… ça risque d’être dur. On l’amène chez le véto qui nous dit qu’elle est en parfaite santé et que c’est un croisé de Fila et de Beauceron. Donc à l’âge adulte une taille assez imposante. On cherche à la confier à quelqu’un, et on se dit que si personne ne veut d’elle on la gardera. On l’amène chez un collègue, qui la prend tout de suite. On la laisse avec un pincement au cœur… en sachant qu’on pourra venir la voir de temps en temps.

Mardi et mercredi : direction Suriname pour faire des emplettes. Pirogue de St Laurent à Albina, puis taxi collectif jusque Paramaribo la capitale (250 000 habitants). On se rend compte rapidement qu’on a oublié l’appareil photo, mais on y retournera. Ici on négocie toujours les transports, sachant qu’un euro vaut 4 dollars surinamiens, rien n’est très cher. Les taxi-co (entre le bus et la voiture) attendent généralement que toutes les places soient prises pour partir. Le taxi-co qu’on prend n’attend pas. Il sort tout droit des années 70, velours bordeaux, pas de ceintures de sécurité… et pourtant la route en aurait mérité ! On fait des bonds de trente centimètres sur nos sièges… pendant près de trois heures ! Le chauffeur nous emmène jusqu’au gîte où on a reservé une chambre, on y dépose nos bagages et on part en quête d’un repas. Sur notre chemin, un Burger King… on craque, laissant parler nos estomacs affamés. Après-midi shopping. Les rues commerçantes sont tenues par les chinois pour la plupart. Les prix sont divisés par quatre environ. Il faut compter cinq euros pour un tee-shirt, trois à six euros pour des chaussures. Le centre est assez moderne, les bâtiments officiels sont d’époque coloniale, en bois, et la ville est classée patrimoine mondial de l’Unesco. Le soir, on mange dans un resto… italien, et on boit… du Chardonnay… pas très typique tout ça mais très bon. On a failli avoir des ennuis avec la justice surinamienne ce soir-là (on s’imaginais déjà derrière les barreaux dans une prison lugubre). En effet on avait mal calculé notre budget et il s’est trouvé qu’au moment où la serveuse nous a apporté l’addition, on a retenu notre souffle ! Et à quelques centimes près, vous auriez du venir nous apporter des bananes au Suriname.

Le lendemain, shopping toujours, on se dit que la prochaine fois on tâchera de se faire un peu plus touriste, car la ville en vaut le coup. On se dit aussi que des tas d’excursions dans l’intérieur des terres doivent être superbes : forêt primaire, inselbergs, animaux en tout genre… A tenter, donc !

Jeudi, repos, repos, et encore repos. On voit l’échéance de la rentrée arriver, et je recule… pas envie d’y retourner. Vendredi donc, histoire de travailler ( !) on part pour Awala : plage de rêve, décor de cinéma style île déserte, eau à 32°C… dépaysant !

 

Samedi et dimanche : journées studieuses. Et oui, il faut s’y remettre parce que toutes les bonnes choses ont une fin. Jamais une rentrée n’a été aussi dure pour moi.

Lundi, jour J. A ma grande surprise, je n’ai pas même eu à hausser le ton. Comme on dit « Pourvu qu’ça dure ! ». A bientôt !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J'kaz !
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Jeudi 09 Octobre 20082 commentaire(s)